Refusons le prétendu débat sur l'identité nationale

La question de l'identité nationale française peut intéresser un sociologue, un historien, un géographe peut-être, un psychologue même, mais en quoi relève-t-elle du domaine politique ? Si on la considère comme pouvant faire l'objet d'un débat, on admet implicitement l'idée qu'on peut y trouver une réponse, une BONNE réponse, sur laquelle on s'appuierait pour prendre des décisions sociales, économiques, de politique étrangère... Or il y a fort à parier que la seule réponse valable est à la fois commune à tous ceux qui se sentent français et particulière à chacun. A savoir que la seule réponse possible à "Qu'est-ce que c'est, pour vous, être français ?", c'est: "C'est se sentir français !" Ce n'est pas manger du porc, acheter baguette et croissants le dimanche, chanter la Marseillaise, aimer le foot et la chanson française, porter béret et marinière... Ce n'est même pas croire en la liberté, l'égalité, la fraternité, aux droits de l'homme (cela ne relève pas de l'identité française, mais de convictions humanistes heureusement partagées par d'autres que nous)...C'est se sentir français, avoir envie de vivre en France (ou pas, d'ailleurs), se présenter comme "français" quand on vit ou voyage à l'étranger. Mais quelle décision politique tirer d'une telle réponse ??? C'est pourquoi cette question n'a pas à être soulevée dans le champ politique parce qu'elle ne peut avoir aucune retombée concrète. Elle ne peut pas faire l'objet d'un débat. Tout au plus peut-elle constituer un sujet de réflexion pour un chercheur en sciences humaines. La gauche doit-elle tomber dans le piège tendu par la droite en acceptant de "débattre" de cette question ? Si elle le refuse, elle ne laisse pas le champ libre à la droite ou à l'extrême-droite. Au contraire, la gauche doit se préoccuper de ce qui peut être changé, amélioré dans ce pays, et ne pas s'employer à répondre à de faux-débats populistes et manipulateurs sur une burqa censée menacer le pays tout entier. La gauche prendra le dessus (aux élections, s'entend) sur la droite et l'extrême-droite en montrant qu'elle ne prend pas téléspectateurs et électeurs pour des imbéciles facilement manipulables, mais qu'elle les traite comme des citoyens responsables capables de s'interroger sur des questions complexes et essentielles (comment rétablir l'égalité, les libertés...). On connaît l'intérêt majeur que représente la prétendue question de l'identité nationale pour le Gouvernement : elle fait diversion. Pendant que l'on débat sur les plateaux télé à propos d'une burqa portée par un pourcentage infime des femmes de ce pays, on tait la misère dans laquelle s'enfoncent nombre de gens, on ne pointe pas les inégalités grandissantes. Refusons donc ce faux débat, et laissons la droite dans cette posture grotesque d'assiégé en pleine crise identitaire. Notre identité, nos identités, ne sont pas menacées. Nos droits, nos libertés, notre solidarité si.
Mille fois d'accord! La menace est ailleurs...
Oui c'est une diversion mais le + grave c'est que la boite de Pandorre est ouverte maintenant et que tous les esprits intolérants se croient autorisés à vomir leur haine.Les dés sont tellement pipés que c'est Sarko lui même qui tirera les leçons du "débat" et cela 1 mois avant une échéance électorale...
Il faut lutter contre cette façon ignoble de faire de la politique !! Ce faux débat n'est qu'un écran de fumée nauséabond !!! Le plus triste c'est que les médias entretiennent ce climat !!!
Il y a certain propos qui sont du domaine de la religion (comme manger du porc) donc qui ne doivent pas servir d'argument politique.
Moi j"aime pas de cette France qui casse la France, elle m'étonne ???