Quelles valeurs pour le PS ?
Document rédigé par les camarades de la section PS de Lorgues (Var). Ce travail collectif entre dans le cadre des contributions souhaitées par Martine Aubry. Quelles valeurs pour le PS ? Les résultats des dernières élections – locales, nationales et européennes – nous ont confortés dans l’idée que la Gauche est à refonder.
La social-démocratie en très fort recul, les Partis communistes en déroute, les succès de l’écologie sociale (Les Verts), les taux d’abstention partout très importants et jusqu’au succès de la droite et de l’extrême droite qui révèlent, en creux, les besoins du renouveau politique : faute d’alternative crédible, les français votent pour ce qu'ils connaissent et qui les sécurisent dans ce monde troublé, inquiétant. Nous ne pouvons plus aborder les questions du XXI° siècle avec les grilles de lecture du XX°, a fortiori celles du XIX°.
Les progrès gigantesques des conditions de vie des Européens, l’allongement de l’espérance de vie, de la santé, de l’éducation ont montré que le capitalisme n’était pas l’épouvantail absolu que nous signifiaient les analystes de la lutte de classe. Les grands penseurs de la social-démocratie en France, les grands économistes et agitateurs d’idée du christianisme social, de grands entrepreneurs ont montré au XX° siècle que le capitalisme pouvait largement être encadré, régulé de telle façon qu’il pouvait apporter beaucoup de bienfaits aux hommes.
Ces systèmes sont à bout de souffle et les appareils qui en découlent ne valent plus beaucoup mieux. C’est ce que nous montrent les résultats des élections européennes mais aussi toutes les élections en France en apparence contradictoires depuis 2002 : les victoires socialistes aux régionales, aux municipales, le « non » au traité constitutionnel de l’Europe, le succès personnel de Ségolène Royal. Partout, dans tous les appareils politiques de gauche, au PS, chez les Verts, au PCF, des hommes et des femmes ont des idées de plus en plus proches et aspirent à un renouveau de la pensée et des appareils. La constitution du NPA va également dans le sens de cette recherche d’aspirations nouvelles. 1) Quelle est la nouvelle donne mondiale du XXI° siècle ? Trois points essentiels.
Le capitalisme, même régulé montre ses limites à offrir au monde entier les bienfaits qu’il a apporté à une minorité d’Européens de l’Ouest et d’Américains du nord. La crise économique actuelle est une crise structurelle profonde qui dépasse largement la question financière mais pose fondamentalement l’arrivée de deux milliards de Chinois et d’Indiens qui veulent eux aussi les richesses auxquelles nous avons accès et la mise sur la touche d’un milliard d’Africains et nous n’oublions pas les autres…. Le mécanisme du capitalisme est le profit et repose sur une croissance sans limite des biens de production. Il faut repenser les notions de croissance économique et de productivisme.
Cette crise en annonce une bien plus profonde encore et bien plus grave : la planète ne supportera pas nos rythmes de croissance actuels, nos gaspillages et nos pollutions. Tout le montre, les prévisions des scientifiques réalisées il y a dix ans sont toutes dépassées par l’accélération du réchauffement climatique. Il n’y a que Le Pen pour ne pas le comprendre. Nous devons penser une « alter-croissance » et d’autres formes de développement.
Les progrès de l’humanité posent depuis quelques décennies quatre questions de société nouvelles pour lesquelles nos réponses sont encore bien pauvres :
- Comment finaliser l'égalité Hommes – Femmes ?
- Quelle place pour une jeunesse qui commence vers 15 ans et se termine vers 30-35 ans quand les plus de 60 ans peuvent espérer vivre bientôt jusqu’à 100 ans sans que le monde devienne désespérant pour les uns et pour les autres?
- Quelle place pour tous ces hommes et ces femmes amenés de plus en plus à quitter leurs pays d’origine pour fuir la misère, la violence et très bientôt leurs terres victimes du réchauffement de la planète (questions des « identités nationales ») ? 2) Une donne spécifiquement française :
- La France présente une particularité en Europe que l’on ne retrouve qu’en Corée du sud ou au Japon. Nous sommes un pays marqué par un corporatisme très fort qui fige les statuts sociaux. Cela ne pose guère de problèmes quand tout va bien, cette situation est vécue comme terriblement anxiogène en cas de crise.
a) Les méfaits du corporatisme
Le corporatisme fige les statuts. Pour accéder à un statut, il faut beaucoup se bagarrer. C’est l’enjeu des diplômes et autre concours qui, sous prétexte d’égalité démocratique, figent les positions. C’est la « méritocratie » à la française. Pour décrocher son statut social, vécu comme devant durer toute la vie, un homme doit beaucoup investir. Investissement en argent, investissement familial, investissement en travail, en temps. Il n’est pas prêt à abandonner ce statut. Sa perte est vécue comme dramatique. Il n’y a pas de possibilité de repêchage.
Le statut corporatiste est vécu comme la protection essentielle. Ceci explique pourquoi les Français plébiscitent les diplômes à outrance et la fonction publique en cas de crise.
Ce mode de fonctionnement est terriblement anxyogène en cas de crise (peur du déclassement), et d’une façon générale pour les jeunes (si je n’obtiens pas mon diplôme, que vais je devenir ? Comment vais je pouvoir m’insérer dans le monde adulte ?) Ce mode de fonctionnement laisse de côté les plus fragiles qui n’ont pas de statut ou qui se retrouvent déclassés. Il est un frein à l’innovation, à l’invention, au dynamisme de la pensée. Il rend toute reforme de fond très difficile pour ne pas dire impossible.
b) Comment lutter contre ce corporatisme ?
Il faut donner de la souplesse à nos systèmes.
Cela commence d’abord par une réforme profonde de l’éducation nationale, de son architecture et de ses objectifs.
Cela doit s’accompagner de réformes sociales structurelles, (procédures de recrutement et d’embauche, flexi-sécurité professionnelle, statut de l’étudiant, reformes du statut des politiques…). Des réformes qui permettent à chacun de changer de statut facilement, à tout âge, sans pour autant le vivre comme un déclassement.
3) Les valeurs du socialisme au XXI° siècle
Elles découlent des réflexions précédentes. Plus que jamais, les valeurs fondamentales du socialisme sont à l’ordre du jour :
Permettre à chaque homme de pouvoir s’épanouir individuellement tout au long de sa vie dans le vivre ensemble.
Pour cela, mettre en place les moyens qui permettent aux plus fragiles d’accéder aussi à ce rêve :
en leur assurant les protections et les compléments nécessaires par un contrat social fort, des régulations nécessaires. Plus que jamais le rôle du politique, des associations, des coopérations, des solidarités et de la loi est nécessaire.
En favorisant le lien social.
En étant conscient que l’intérêt général et l’épanouissement collectif sont les conditions de l’épanouissement personnel.
En comprenant que cet intérêt général se doit d’être pensé à un niveau mondial (co-développement).
En martelant que intérêt général et épanouissement individuel ne peuvent être confortés qu’en respectant l’environnement que la nature nous donne et en gérant au mieux notre planète pour en préserver les atouts pour les générations futures.
Compter sur l'éducation de masse et de haut niveau.
Le PS se doit de porter cette réflexion au cœur de la vie politique et citoyenne. Nous devons aller à la rencontre de la « gauche humaniste et républicaine » pour reprendre une expression convenue pour impulser le débat autour de spécialistes qui ont défriché ces questions nouvelles. Cela nous semble crucial pour créer les conditions d’une gauche unie, quelque soit son statut, seule capable d’apporter les réponses politiques que nous attendons.
A partir de cette réflexion collective, des militants de la section de Lorgues ont réfléchi sur les points suivants :
Non cumul des mandats,
Limitation du nombre de mandats successifs,
Nouvelle fiscalité,
Réforme du système de retraite,
Réforme de l'Education nationale,
Les salaires.
Ces réflexions sont naturellement à enrichir.
1 / Non cumul des mandats :
Mandat unique pour tous les élus locaux - maires (communes + de 20 000 h), conseillers généraux et régionaux – et nationaux (députés, sénateurs).
2 / Limitation du nombre de mandats successifs :
La limitation du nombre de mandats successifs à TROIS à appliquer à tous les élus y compris députés et sénateurs.
3 / Réforme de la fiscalité :
- Tous les Français doivent être égaux devant l'impôt.
- Suppression du bouclier fiscal.
- Refonte complète de la fiscalité s'accompagnant
- de la disparition de toutes les niches permettant l'évasion fiscale,
- de tous les régimes spéciaux encore en application y compris ceux des fonctionnaires, du privé et des élus locaux ou nationaux.
- Harmonisation de toutes les politiques fiscales européennes.
- Création d’un impôt européen pour le financement de l’UE. Un tel impôt donnerait de l’autonomie à l’UE et allègerait son financement par les Etats.
4 / Ecologie, développement durable :
Nous n'allons rien vous apprendre que vous ne sachiez déjà. L'écologie, le développement durable, le réchauffement de la planète .... etc ... etc ... Ouais, c'est un effet de mode ; on nous en parle chaque jour ; tous les partis politiques en parlent ; des assos sur ce thème naissent chaque jour (même à Lorgues).
- D'accord, mais alors pourquoi le PS, notre parti, considère si peu ces questions, pourquoi laisse-t-il en plein désarroi son pôle écologique. Au fait, aviez vous déjà entendu parler du pôle écologique du PS ; moi-même j'ai connu son existence par des articles de presse il y a quelques semaines, articles de presse qui relataient le départ de la tête de file (Eric Loiselet) du PS chez Les Verts, les motifs : implication insuffisante du PS, déception, désarroi, ...
- D'accord, mais pourquoi Les Verts ont-ils fait jeu égal avec le PS dans de nombreux départements dont le nôtre lors des dernières élections ?
- D'accord, mais pourquoi ce thème du développement durable est plus repris par l'UMP et Sarkozy que par nous, PS ?
- D'accord mais pourquoi lors de nos réunions fédérales ou autres, le thème de l'écologie passe toujours après d'autres sujets, ni plus, ni moins importants, comme l'éducation, l'économie, ...
Nous nous permettons d'avancer 4 hypothèses d'ordre différent :
d'abord, ne croyons-nous pas encore que produire plus et consommer plus sont des signes de progrès, en une phrase ne sommes nous pas toujours sous l'influence du productivisme ?
ensuite, notre regard n'est-il pas encore tourné vers ce monde de l'industrie qui a fait, antérieurement, par son électorat ouvrier, les beaux jours du socialisme ?
et la moyenne d'âge de nos adhérents n'est-elle pour rien dans ce regard positif vers le produire et le consommer plus ?
Certainement, aussi, malheureusement, nous avons perdu l'habitude de travailler. Nous nous en remettons à nos élus et nos élus ne nous demandent rien alors nous nous sommes habitués à cette inactivité de réflexion.
Le paradoxe du PS et de nombre de ses militants est pourtant de ne pas nier que le système actuel de consommer plus n'est plus viable ; nous savons tous que la hausse des émissions de gaz à effet de serre entraîne un réchauffement du climat. Nous en voyons chaque jour les conséquences, montée des océans et des mers par grossissement de la molécule d'eau, fonte des glaciers, modification des agricultures, perturbations amplifiées des météorologies ... etc ...
Alors, s'il n'est pas évident de changer nos mentalités et celles de nos élus – le PS est un parti d'élus -, certaines mesures fiscales et législatives seraient plus facilement comprises et admises. Ces mesures seraient des leviers permettant de solutionner problèmes climatiques autant que problèmes sociaux.
Nous connaissons tous ces mesures, nous ne vous les rappellerons pas, elles sont à peu de choses près semblables à celles reprises dans les programmes des Verts, des Radicaux, du PS et pour certaines de l'UMP. Par contre, la majorité de ces mesures sont bloquées (lobbies, élus ?), en effet, rien ou presque, n'est, à l'heure actuelle, appliqué.
Ces questions, ces évidences, ce mouvement vers une autre façon de vivre, doit-on les regarder passer tranquillement devant nos yeux, doit-on en être spectateurs ou avons nous le courage politique d'en être les acteurs ?
5 / réforme du système de retraite :
Remise à plat de l'ensemble du système des retraites en application de la disparition de tous les régimes spéciaux déjà évoquée et tendre vers un système unique de retraites pour le public comme pour le privé (retraite par points avec complément pour les métiers pénibles).
6 / réforme de l'éducation nationale :
Les principaux axes :
- Primauté donnée à l'acquisition de compétences liées aux connaissances. La mission de l'école est d'apprendre à nos gamins à leur donner du sens.
- Mise en place d'un enseignement modulaire respectueux du rythme de chaque élève, l'élève ne redouble pas une année mais un module si ce dernier n'est pas acquis.
- Introduction, réintroduction des disciplines technologiques dans le tronc commun au collège.
- Multiplication des possibilités de passerelles et chèque étude valable sur l’ensemble de la vie.
- Allègement des rythmes avec meilleure répartition des temps scolaires au bénéfice des élèves.
- Renforcement de l'identité de trois filières qui, toutes, doivent pouvoir amener au plus haut, chacune à sa façon :
- apprentissage et formations en alternance,
- formation professionnelle scolaire
- formation générale et technologique.
- Valorisation des compétences autres que celles mesurées par les diplômes.
- Mise en place d'un véritable statut de l'étudiant afin de lui permettre d'assurer sa sécurité financière et son autonomie logement.
En 2010, les camarades de la section PS de Lorgues (83) travailleront sur d'autres points, notamment : la réforme de la Justice, celle de l'audio-visuel, les solidarités, les services publics, la réforme du système de santé ; de même, certains éléments de ce travail collectif seront déclinés localement en vue des prochaines échéances électorales. La section PS de Lorgues - 83510
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Par Nano, le dim, 29/11/2009 - 17:41.
C'est le ressenti d'une Section du Var.Elle est respectable, Les questions que je me pose en tant que homme de Gauche, concernent '' l'électoralisme'' et la position du PS par rapport au système capitaliste.
Frêche à Montpellier qui ratisse large, le bouche à bouche que fait le PS au P.C.et l'alliance au niveau national avec le Modem.
Si je peux me permettre , et vous n'en parlez pas est : qui roule pour qui ?
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Par patricemerignac, le dim, 29/11/2009 - 18:41.
le ps roule a gauche ou a droite et avec quel reel projet car si cela se limite comme j'ai entendu ce jeudi a une prime de 200 € que le ps souhaite dans le cadre du plan (qui va vider encore plus les caisses deja vides) ou encore la recreation d'emplois jeunes c'est guere comme cela que cela va resoudre les problemes de fond de notre pays que sont chomage, precarite de plus en plus, probleme de logement , pouvoir d'achat sans oublier notre protection sociale et dans celle ci les retraites
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