Agir pour les jeunes

La synthèse de l'enquête qualitative réalisée dans la deuxième quinzaine du mois de mai 2009 auprès d’un échantillon significatif des Français (1500 contacts dans 30 villes, villages et métropoles, 131 personnes filmées, 30 heures d’enregistrement) fait apparaître un sentiment d'urgence à assurer un avenir pour les jeunes

C’est une préoccupation majeure formulée par jeunes et adultes. « La question décisive c’est l’avenir des jeunes et ce qu’ils feront demain ». Cette question s’exprime en termes d’emplois, mais surtout d’orientation et d’accompagnement du projet de vie (« on oriente les jeunes d’après les notes et pas d’après ce qu’ils veulent faire »). Le système scolaire doit être refondé profondément (« les constats sont bons, les solutions proposées désastreuses »). La réforme de l’école apparaît comme la dernière chance de sauver les valeurs de la société française.

Qu'en pensez vous ?

Je ne comprends pas, alors qu'on a d'excellents exemples notamment en Scandinavie, comment l'école peut être aussi lourde à faire évoluer et comment l'Etat peut être aussi avare de moyens envers son futur ! Il faudrait déjà commencer par arrêter de sucrer des postes pour réussir à faire des classes d'effectifs moyens (entre 15 et 20) et à sabrer systématiquement dans le budget de l'éducation et de la recherche pour "faire des économies", la plupart du temps de bouts de chandelles ...

Oui il faut s'inspirer des modèles étrangers et sortir des habitudes.

Sur les classes à effectif réduit, je trouve ça intéressant ce que vous dites. Vous avez d'autres exemples Verop ?

Evidemment, les classes à effectif réduit sont un impératif. Un exemple simple : les classes de langue. Combien sommes-nous à pouvoir témoigner de classes à 25, 30, 35 élèves en anglais ou en espagnol ? Comment peut-on décemment apprendre la langue et en avoir une pratique orale quand on est un tel nombre ?

Le Parti socialiste doit absolument faire de la baisse des effectifs une de ses priorités. Baisse des effectifs en classe oui, baisse des effectifs d'enseignants, non !

J'adhère à tout ce qui a été dit avant: vouloir une école de qualité tout en réduisant dramatiquement le nombre de postes d'ans l'Education nationale est purement et simplement incompatible... ou sinon, il va falloir m'expliquer comment ça marche. Je me rappelle encore de ma classe de 2nde où nous étions quelques 32 élèves... en cours d'anglais, c'était assez folklorique! Et même pire, en EPS... Non seulement avoir des classes à petits effectifs rendrait la tache beaucoup plus évidente au professeur, mais ce serait aussi plus stimulant pour les élèves!

Et puis encore autre chose... Je viens juste de rentrer à l'université après mes deux années de prépa lettres, et je me suis faite la réflexion suivante: en rentrant en hypokhâgne, on a tous un niveau pas trop mauvais, mais dans tous les cas, on progresse parce qu'il y a un véritable suivi de l'élève, il est beaucoup pris en charge, avec le système de colles, de devoirs surveillés réguliers, etc. Mais pourquoi n'y a-t-il pas à l'université de système de suivi de l'élève, comme en prépa, au moins pour une partie du cursus licence? Je pense que si les étudiants de prépa réussissent mieux que ceux qui sont en fac, c'est parce qu'on investit plus d'argent dans leur réussite que dans celle des autres!

Cela demanderait certes un investissement massif, mais alors le niveau des étudiants français ferait un bond en avant! Premièrement parce que savoir que l'on sera évalué serait une motivation de plus pour bosser régulièrement (combien d'étudiants loupent leur année parce qu'ils se sont mis à travailler à la dernière minute...), deuxièmement parce que cela permettrait à l'étudiant de savoir où il en est, troisièmement car le professeur pourrait adapter le contenu de ses cours au profils de ses apprenants.

Qu'en pensez-vous?

Pensez-vous que les enseignants-chercheurs sont disponibles pour ces tâches ?

Sur le financement, je crois que vous avez raison :

En 2006, la dépense moyenne par élève ou étudiant, tous niveaux confondus, est de 7 140 euros. Mais elle varie fortement suivant le niveau d’enseignement : de 4 660 euros pour un élève scolarisé en préélémentaire, jusqu’à 14 250 euros pour un étudiant de classe préparatoire aux grandes écoles (C.P.G.E.).

Concernant les dépenses moyennes par élève, la France figure parmi les premiers pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (O.C.D.E.) pour l'enseignement pré-élémentaire, elle est largement au-dessus de la moyenne de l'O.C.D.E. pour l'enseignement secondaire, et en dessous pour l'enseignement supérieur.

Source : Les coûts d'une scolarité - Ministère de l'éducation nationale