Tourcoing : galerie de portraits des participants

Cette fois-ci le Tour de France du projet fait étape à Tourcoing, en terrain conquis disons-le. Salle remplie, chaises à rajouter, débat animé. Voici une petite galerie de portraits de participants qui ont bravé le déluge pour venir parler avec Martine Aubry. En leur demandant, de quoi avez-vous envie de parler avec la première secrétaire ?

Paulette, 61 ans : « J’ai envie de parler de l’emploi et du pouvoir d’achat. Moi ça va, je suis en retraite, mais je sais ce que c’est que le chômage. J’ai travaillé dans la confection et tout a fermé. J’ai eu vraiment du mal à retrouver du travail. Et je suis devenue aide ménagère. Aujourd’hui, je suis inquiète pour mon fils (il est venu avec elle, ndlb) et je ne voudrais pas qu’il se retrouve dans une situation trop difficile. Parce que je ne pourrais pas beaucoup l’aider.J’ai toujours voté socialiste et je vais continuer. Martine Aubry, elle, sait ce que c’est que d’être ouvrier. »

Hakim, 21 ans : « J’ai envie de parler de la discrimination et du CV anonyme. Je travaille dans le bâtiment, je trouve du travail, mais parfois c’est difficile. J’ai des copains qui trouvent rien, surtout maintenant qu’il y a moins de travail. Je ne sais pas ce que la gauche peut faire, mais je suis venu écouter aussi ce que Martine Aubry a à dire. Je ne sais pas si je vais prendre la parole. Jusque-là je n’ai jamais vraiment voté, je verrais bien pour la présidentielle. »

Laetitia, 24 ans, accompagnée de Pierre, Cynthia et Michel.Ils sont assis un peu en retrait de la salle, sur les gradins qui dominent les chaises… : « On a envie de parler de rien, on est des militants UMP. On ose pas le dire trop fort, je ne sais pas si les gens comprendraient qu’on soient venus là. On est venu écouter, on a le droit c’est une réunion publique. Même si on pense que tout ça c’est un faux débat. Mais peut-être on va trouver des idées. (Rire des trois autres) C’est intéressant quand même de venir voir ce qu’ils ont a dire, puisqu’on arrête pas de dire qu’ils sont à la ramasse. Nous, à l’UMP on a aussi l’habitude de se parler, mais pas comme ça. Et je vous jure qu’on bosse, on a sans arrêt du travail : on doit aller voir les gens, les convaincre. Là au moins, on s’amuse un peu. Sinon, aucune chance qu’on vote jamais pour les socialistes ! »

Mathilde 34 ans, travaille au guichet d’une banque. Est accompagnée de son mari et de ses deux enfants, Océane et Tom : « Je voudrais qu’on parle de l’école et qu’on m’explique pourquoi ça marche aussi mal. J’ai dû mettre mes deux enfants dans le privé pour être sûre qu’ils travaillent bien, ici, à Tourcoing. On est venu en famille même si mon mari ne vote pas pour la gauche. (Juste à côté d’elle, il lève les yeux au ciel et grogne…) Je pensais que c’est bien pour les enfants de venir à la réunion voir Martine Aubry, j’espère que ça sera pas trop compliqué quand même pour eux. Je vote d’habitude pour les socialistes, mais aussi pour les écologistes. Ils font plus envie. »

Clara, 25 ans, professeur des écoles : « je suis venue parler d’écologie. Et voir ce que les socialistes veulent faire pour que notre pays et notre économie et aillent mieux. Mais pas à n’importe quel prix. Je me demande pourquoi on propose pas aujourd’hui un mode de développement plus durable, pourquoi on continue à s’accrocher à la croissance, au nucléaire. Je ne sais pas ce que pensent les socialistes de tout ça. Au moins les verts, c’est clair. Dans ma famille on est socialiste depuis toujours, je me suis fâchée avec tout le monde parce que je trouve que le PS ne tient plus trop la route. Mais bon j’attends de voir ce que donne la réunion ce soir, peut-être je changerai un peu d’avis. »

Michel, 54 ans, fonctionnaire territorial : « Je suis venu parler de la laïcité. Pour moi c’est un sujet important, surtout quand on voit la politique menée par la droite. Je vois le religieux qui rentre partout, à l’école, dans les administrations et il faut rester ferme sur nos convictions. J’ai toujours voté socialiste, d’autant que je suis originaire du Nord, c’est important ici. Mais on doit réaffirmer nos valeurs aujourd’hui, proposer des choses, montrer qu’on ne court pas derrière la droite sinon, on ne fera pas envie aux électeurs. »

Par Justine Fisher