L’enquête qualitative réalisée dans la deuxième quinzaine du mois de mai 2009 auprès d’un échantillon significatif des Français (1500 contacts dans 30 villes, villages et métropoles, 131 personnes filmées, 30 heures d’enregistrement) fait apparaître quatre préoccupations majoritaires.
Une expression forte et généralisée d’attachement à la France avec un retour aux valeurs républicaines de base : liberté, égalité, fraternité, laïcité, défense du modèle social et économique, mixité. C’est une « manière de vivre » qui est approuvée, quels que soient les courants politiques.
Elément essentiel : la diversité, dans tous ses aspects, est désormais considérée comme une donnée constitutive de l’identité Française et de sa force. Une majorité des personnes interviewées exprime une fierté de ce qu’est la France et ont le sentiment que ce qu’ils considèrent comme notre modèle doit être défendu car il est attaqué.
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Une demande de maîtrise de la mondialisation
Conscience particulièrement dramatisée dans les couches populaires (plusieurs personnes interviewées évoquent une situation « pré- insurrectionnelle ») et dans les couches moyennes : le mot de « disparition » est même prononcé.
Il faut stopper les excès de l’économie financière (« sortir de là-dedans »), mieux réguler la mondialisation. La France doit investir dans les secteurs où elle est compétente (tourisme, recherche, etc…) et mieux traiter les PME (« les hommes politiques prétendent s’en occuper mais cela n’est pas vrai »).
Les personnes interviewées souhaitent marquer une différence par rapport au capitalisme anglo-saxon. Le modèle social français doit être défendu mais la destination de l’argent mieux contrôlée (assistance, dividendes, etc…).
Les délocalisations provoquent des réactions anti- immigrés, mais la majorité des personnes interviewées considère la diversité et l’immigration comme « un devoir historique » ou un atout économique (« même si on ne peut pas accueillir tout le monde »). La majorité actuelle est créditée de la présence de ministres de la diversité au gouvernement (« et ça aurait pu être fait depuis longtemps »).
L’urgence écologique est largement exprimée avec l’idée qu’il faut aller beaucoup plus loin et que la France a un rôle international à jouer dans ce domaine.
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Une urgence : un avenir pour les jeunes
C’est une préoccupation majeure formulée par jeunes et adultes. « La question décisive c’est l’avenir des jeunes et ce qu’ils feront demain ». Cette question s’exprime en termes d’emplois, mais surtout d’orientation et d’accompagnement du projet de vie (« on oriente les jeunes d’après les notes et pas d’après ce qu’ils veulent faire »). Le système scolaire doit être refondé profondément (« les constats sont bons, les solutions proposées désastreuses »). La réforme de l’école apparaît comme la dernière chance de sauver les valeurs de la société française.
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Remettre les français au cœur de la politique
Cette demande-là est fréquente dans les enquêtes qualitatives, mais elle est dans celle-ci plus forte que jamais. S’exprime une certaine destruction des repères politiques et surtout une différence accentuée entre ceux qui sont dans le débat public, et d’autres, en général issus des « couches populaires » qui se sentent exclus de ce débat.
Un phénomène « populiste ? » se développe qui accentue la coupure avec des élites, pourtant souvent désireuses de bien faire. Le besoin d’écoute correspond au désir de combler ce fossé qui se constitue.
Les partis politiques sont critiqués, et en particulier le PS (manque de confiance). L’action et la personnalité du Président de la République, dont la médiatisation est critiquée, provoque des clivages entre opposants (les plus nombreux) et partisans du Président. De manière globale, des personnes interviewées attendent des partis qu’ils organisent le rassemblement des bonnes volontés.
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