Grenoble : le regard de Laurent Riou
Laurent Riou est chercheur et a participé à l'étape de Grenoble à l'invitation du Laboratoire des idées du PS.
Mardi 21 Octobre, Martine Aubry est à Grenoble pour la quatrième étape du Tour de France du projet. Je ne suis pas blogueur, pas officiellement socialiste, encore moins journaliste. Belle audace donc de la part du Laboratoire des Idées que celle de m’avoir proposé de suivre de l’intérieur le déroulement de la journée grenobloise de la première secrétaire, et surtout de me demander d’en faire ici un compte-rendu, et belle expérience en ce qui me concerne...
13h45 : je prends timidement le train en marche. La première secrétaire et ses hôtes du jour ont en effet déjà eu le temps avant le déjeuner de causer des transports en commun dans l’agglomération à l’occasion de l’inauguration de la carte OURA. Je me greffe le plus discrètement possible au groupe qui descend du tram pour aborder la deuxième séquence thématique de la journée dédiée à la présentation de la recherche grenobloise en Neurosciences. La rencontre avec les scientifiques a lieu, naturellement, dans les locaux flambants neufs de l’Institut des Neurosciences du site Santé. Quarante-cinq minutes de présentations parfois très pointues pour rappeler, entre autres, la lutte spectaculaire contre la maladie de Parkinson permise par la méthode de stimulation cérébrale développée par le professeur Alim-Louis Benabid et les perspectives ouvertes par cette technique, suivies par la visite rapide mais pas précipitée pour autant de quelques-uns des équipements-clés du bâtiment.
Cette visite trouvera d’ailleurs un écho au cours de la soirée, lorsque sera abordé le thème du vieillissement inéluctable de la population et de l’encouragement nécessaire et naturel de la solidarité entre les générations.
Départ ensuite sous des trombes d’eaux pour Alpexpo, le site où se déroulera ce soir la réunion participative. Dans la voiture, le bon grenoblois que je suis dorénavant ne peut s’empêcher de penser que ce temps si moche nous permettra au moins, demain matin, d’admirer la première chute de neige sur les sommets qui nous surplombent. Sur place, pas de dépaysement au moment de découvrir le plateau sur lequel s’exprimeront ce soir quelques-uns des centaines de participants au débat puisqu’il est identique à celui que l’on a pu entrevoir sur les vidéos des étapes précédentes disponibles en ligne. Ils arriveront progressivement, pour remplir complètement la salle au point que les derniers trouveront place debout, le dos collé à la vitre. Le film diffusé, les prises de parole dans la salle s’enchaîneront alors sans discontinuer – et, au vu des mains levées, pour un nombre final d’intervenants probablement insignifiant par rapport au nombre de ceux qui auraient souhaité prendre la parole.
Tous n’ont pas parlé mais tout le monde s’est tout de même exprimé : l’artisan, le lycéen, la mère au foyer, l’éducateur, l’intermittent, le retraité, le smicard, la militante associative, l’alpiniste, l’entrepreneur, la femme de ménage, pour ne citer qu’eux, ont tous pris le micro. Certains pour interpeller Martine Aubry, d’autres pour donner une opinion ou proposer un témoignage, en improvisant leur discours ou bien en lisant leur feuille la main tremblante, et en condensant parfois dans ces quelques secondes d’intervention tellement de vécu que de rendre le micro en laissait certains pantelants, essoufflés, et dépourvus.
De nombreux applaudissements, la palme revenant pour le coup à ce jeune d’un quartier sud de la ville, débutant son intervention en s’excusant de sa difficulté à prendre la parole publiquement pour la terminer sous un tonnerre d’applaudissements en demandant à Martine Aubry ce qu’il pouvait faire, lui, pour changer ce monde « qui marche sur la tête ».
Martine Aubry, qui note, qui prend la parole de loin en loin pour en quelques phrases claires, simples, apporter une réponse, rappeler ce que le parti socialiste défend depuis toujours, la manière dont il le défend au jour le jour dans l’opposition, et ce qu’il proposera pour continuer de porter et de défendre les thèmes essentiels qui, finalement, auront aussi tous été discutés ce soir : développement durable, Europe, solidarité Nord-Sud, laïcité, fraternité, et affirmation du primat des règles sociales sur celles du marché
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