Ne plus mesurer le bien-être humain à l’aune de la croissance du Produit intérieur brut et déterminer « d’autres Indicateurs de Richesse et de bien-être social »
Après le travail fait aux Nations Unies depuis 20 ans par le PNUD sur l’Indicateur de développement humain (IDH), les propositions de la Commission européenne pour compléter le PIB par d’autres indicateurs « pertinents », le rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi remis au Président de la République française en septembre 2009, le rapport du commissaire du Développement Soutenable Britannique Tim Jackson, les travaux regroupés sous l’intitulé « qu’est-ce que la richesse ? » de Patrick Viveret et Dominique Méda, il n’est plus possible de mesurer le bien-être humain à l’aune de la croissance du Produit intérieur brut.
Quelle que soit l’utilité statistique de cet indicateur, il ne doit pas servir de référence à la décision politique car il ne fait aucune distinction entre les productions utiles et celles qui sont néfastes et il contribue à occulter nombre d’écueils majeurs dont certaines destructions environnementales à l’origine de la crise écologique et des dérèglements climatiques auxquels est désormais exposée l’humanité toute entière.
Le Parti socialiste ne peut rester en dehors de cette réflexion globale et des propositions alternatives faites sur la question.
A partir d’un certain niveau d’abondance matérielle (moyenne statistique) nettement dépassé en France, depuis environ 20 ans, il n’y a plus de relation entre d’un côté les grandes variables sociales et humaines et, de l’autre, le niveau d’abondance mesuré par le PIB par habitant. (Les USA peuvent par exemple être de loin le pays le plus riche du monde dit développé et avoir pourtant une espérance de vie plus faible que des pays nettement moins riches, des performances éducatives moins bonnes, bien plus de pauvreté et d’inégalités, plus de violences, d’homicides et de personnes en prison). Une fois atteint un certain niveau de revenu, le sentiment de bien-être n'augmente plus en relation avec l'accroissement des revenus, pas plus que d'autres mesures plus objectives comme l'espérance de vie et la réussite scolaire.
Ceci montre qu'une double approche est requise : en plus de ces changements économiques, il est nécessaire qu'aient lieu des changements sociaux permettant le passage d'une économie qui vise à l'opulence à une économie qui vise à l'épanouissement humain.
Empreinte écologique, stress au travail, taux de pauvreté, analphabétisme, logements indignes, manque d’intégration et de cohésion sociale sont autant de réflexions qu’il faut mener pour déterminer « d’autres Indicateurs de Richesse et de bien-être social », rejoignant ainsi la reflexion d’Amartya Sen en termes de « capabilités » car une société qui mise exclusivement sur des solutions de marchés, quelque soit le niveau d’inégalité et d’accès d’une proportion importante de sa population à des biens et services de base n’est efficiente ni socialement ni économiquement.
Les gisements en emplois de cette économie soucieuse du bien-être se trouvent dans la qualité, la durabilité, la solidarité et la proximité, ouvrant d’autres perspectives de plein emploi pour améliorer le bien-être de tous dans le respect des équilibres écologiques.
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